Le méca pour les nuls

Questions ô combien récurrentes, voire agaçantes de par ce fait, ça change quoi la vape sur méca ? Le méca j’ose pas mais je voudrais bien quand même ? C’est dangereux de mettre des piles duracel dans un méca ?  Je suis vierge, est-ce que ma mère va me gronder si je passe au méca ? (dixit Brice)…
S’en suit généralement nombre de poncifs sur la loi d’ohm, l’inconscience, la dangerosité, la bêtise… autant de commentaires émanant la plupart du temps de vapoteurs chevronnés brillant d’incompétences mais fort du savoir que confère leur liberté d’expression.
Si par le plus grand des hasards tu n’as pas eu la chance de tomber sur un de ces post tri-quotidiens ou que plus vraisemblablement tu n’as pas réussi à faire le tri parmi les 250 interventions, je t’invite à lire ces quelques lignes.

A titre liminaire, je considère que mes lecteurs sont des adultes équipés des deux neurones nécessaires à la compréhension de ce qu’est un circuit électrique et que, la scolarité étant obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, ils sont également en possession des connaissances académiques suffisantes pour comprendre ce qui va suivre, vu qu’elles sont du niveau 5ème. En revanche, nul avertissement ne suffira à lutter contre la bêtise et l’absence de bon sens, et ça n’a rien à voir avec la vape.

Qu’est-ce qu’un mod méca ?

C’est très simple, un mod méca est un dispositif (tube, box ou n’importe quoi) qui permet de faire fonctionner un atomiseur en utilisant directement l’électricité de ton accu, sans intermédiaire. C’est tout bêtement l’expérience de science physique de 6ème ou 5ème qui consiste à relier une ampoule à une pile avec deux fils électriques pour former un circuit, pour faire joli, t’ajoute un interrupteur. Quand il est fermé, l’ampoule s’allume, quand il est ouvert, elle reste éteinte. Le mod méca, c’est la même chose, le mod (pour faire très simple) c’est les fils, l’accu c’est la pile, l’ato, c’est l’ampoule et le switch, c’est l’interrupteur. T’appuies sur le switch, donc tu fermes le circuit et ça vape, t’appuies pas, le circuit reste ouvert et ça ne vape pas.

C’est quoi la différence avec un mod électronique ?

La différence fondamentale c’est l’exploitation de l’accu. En méca, on vape directement sur la tension résiduelle de l’accu, exprimée en volts. Pleine charge, l’accu est à 4.2 volts (postulat simplificateur) et la tension va diminuer au fur et à mesure que l’on vape. En clair, plus on vape, moins ça vape… Avec l’électro, pour reprendre la comparaison, c’est un peu comme si t’ajoutes un variateur à ton circuit. Du coup, tu détermines ce que tu vas envoyer comme électricité vers ton ato, tu n’es pas tributaire de la tension résiduelle de l’accu et tu as une vape constante (ce n’est pas tout à fait exact, mais c’est pédagogique).

Quel intérêt de vaper avec un mod méca ?

C’est là qu’intervient la fameuse « vape lisse ». Pour faire simple, la régulation de la tension n’est pas linéaire et conduit à des pics de tension pour obtenir la tension moyenne désirée. Ces pics interviennent de nombreuses fois par seconde et de manière plus ou moins sensible, ce qui a tendance à « hacher » la vape et à la rendre moins douce. Alors que le méca, ne connait pas ces pics puisque, rappelons-le, nous sommes sur la tension résiduelle de l’accu. La vape est donc plus lisse.

Voilà pour la théorie. En pratique, ce qui était vrai hier ne l’est plus forcément aujourd’hui. Je laisse les spécialistes de l’électro s’étriper pour savoir quel est le meilleur chipset, mais j’ai eu l’occasion de tester quelques box et cela m’a permis de constater que des progrès très substantiels ont étés réalisés en 5 ans.

Pour résumer, le gain de qualité de vape en méca est peu sensible, pour peu que l’on bénéficie d’un chipset de qualité.

Le méca c’est compliqué !

A chaque atomiseur correspond un montage optimum, placement du coil, valeur du coil, puissance de vape… C’est aussi vrai en méca qu’en électro. La difficulté présumée du méca réside dans le fait qu’un coil non adapté induit un effet diésel et qu’il est donc plus difficile de trouver le bon coil pour le méca, une erreur ne pouvant être compensée par une variation de tension à la hausse ou à la baisse comme en électro. C’est pas faux. Mais en méca, le mieux est l’ennemi du bien et c’est la simplicité qui sauve. Il ne faut pas hésiter à revenir aux fondamentaux et l’utilisation de résistifs simple permet de se sortir de toutes les situations et de bénéficier d’un montage réactif. On évite les big coil sur axe 3.5 et on découvre les joies de l’axe 2.5. C’est le moment où je suis sensé évoquer le coefficient de chauffe mais il se trouve que je n’en ai rien à faire. A tort probablement, mais l’empirisme qui a prévalu aux débuts de la vape me poursuit… Mais en règle générale, avec du kanthal de 0.4 à 0.7, on se sort de toutes les situations. Avec le nichrome, l’acier, l’inowire ou le flat wire ou je ne sais quel fil de la mort qui tue, le champ des possibles est fabuleux. On peut même tenter le clapton, il en existe certain qui sont tout à fait adaptés.

Résumé du chapitre : la simplicité est ce qui caractérise le méca au niveau du montage. Tu prends ta bobine de fil, tu fais 6/8 tours sur axe 2.5 et ça vape. Rares sont les atomiseurs qui ne fonctionnent pas correctement sur méca.

Le méca c’est dangereux…

Cette affirmation me laisse perplexe… Je reviens au postulat des deux neurones et du minimum de connaissance académique.

1/ La loi d’ohm. Loi illustre qui veut que la tension (en volt) soit égale à la résistance (en ohms) que multiplie l’intensité (en ampère). Ce que nous connaissons, c’est la tension délivrée par l’accu (4.2 volts), la valeur de la résistance (y ohms) mais nous ignorons l’intensité. Nous connaissons en revanche la capacité de décharge maximum de l’accu, c’est-à-dire l’intensité maximale que nous pouvons exiger. Il faut donc inverser l’équation pour déterminer si l’intensité exigée par le montage correspond bien à la capacité de l’accu. Cette intensité est égale à la tension divisée par la valeur de la résistance. Donc, pour une résistance de 0.2 ohms, l’intensité sera de 21 ampères (4.2/0.2=21). Donc, si ma résistance est de 0.2 ohm, il me faut un accu capable de délivrer 21 ampères. Il existe des tableaux qui récapitulent l’intensité pour chaque valeur de résistance. Et il y a un navigateur internet pour retrouver la loi d’ohm ainsi qu’une calculatrice sur le téléphone portable…

En clair, ton montage respecte la capacité de ton accu ou pas, c’est pas bien compliqué. S’il ne la respecte pas, tu crées un danger et risque un dégazage et une explosion.
Je ne m’engagerais pas sur la notion de pulse qui permet de dépasser pour une brève durée l’intensité maximum conseillée. Cette zone temporelle demeure assez floue, il me semble plus sage de rester dans les limites indiquées sur l’accu.

2/ Les autres sources de danger. La première source de danger en méca, mais c’est aussi vrai pour un couteau, une tondeuse à gazon ou un préservatif, c’est l’utilisateur. Tu n’es jamais à l’abri d’un défaut qui te déchire la protection de l’accu et te mettra le matériel en court-circuit ou en auto fire. Tu peux toujours oublier de verrouiller ton switch et ranger ton mod en appuyant dessus (et là malgré tout, t’es content d’avoir un montage qui ne tape pas dans les limites du pulse..). Ta sécurité, c’est ton contrôle et ta vigilance. A noter qu’il n’y a rien de spécifique au méca. On m’opposera qu’en méca, il n’y a pas de sécurité comme sur les électro. Bien entendu, les sécurités sur électro c’est super fiable, comme tout l’électronique qui nous entoure et plus particulièrement celui des box chinoises low cost qui ne font l’objet d’aucune panne par ailleurs. La connexion hybride, ça crée un danger supplémentaire : sans aucun doute, surtout si t’es trop con pour vérifier que le pin positif dépasse ou que tu visses l’ato avec un accu déjà en place…

En résumé : du bon sens offre les meilleures garanties possible ? Quand on switch et que ça ne fonctionne pas, on démonte et on cherche le problème plutôt que d’insister… C’est un circuit fermé et simple, le défaut peut être identifié rapidement. Si ton accu chauffe, tu n’insistes pas, c’est qu’il y a un problème qu’il faut résoudre sans délais. Jamais un accu ne doit chauffer.

Le méca, c’est reconstructible only.

Je ne sais pas d’où sort cette ineptie. On évitera les résistances en NI faite pour tourner en contrôle de température, mais pour le reste, on se réfère à la capacité de décharge et puis c’est tout. Et comme d’habitude, on vérifie avant de la monter sur méca si la valeur est compatible avec la capacité de décharge de l’accu et si la puissance délivrée à 4.2 volts pour une résistance donnée est compatible avec les données constructeur (bon sens, bon sens…). En revanche, coté performance, il ne faut pas s’attendre à des miracles, c’est avant tout conçu pour l’électro…

Le méca, ce n’est pas pour les débutants !

Parce que la box qui délivre 300 watts c’est du plug and play j’imagine… Les règles exposées ci-dessus devraient être aisément assimilables par un adulte normalement constitué. Je ne conseille pas de commencer par le méca, je dis juste qu’il n’y a pas de raison objective pour dissuader un vapoteur de s’y mettre, quelle que soit son expérience.

Conclusion :

Depuis quelques temps, le méca acquiert de nouvelles lettres de noblesse, porté par le double mouvement du botom feeder et des tubes de forts diamètres conçus pour le big cloud. Il est aussi porté par le retour du dripper mono coil, ultra simple à monter et pour des valeurs de résistances assez hautes largement compatibles avec la capacité de décharge des accus. J’ai rédigé ces lignes parce que je suis fatigué de lire des commentaires alarmistes de la part de ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent. Il n’y a pas si longtemps, le méca n’effrayait personne et constituait la seule alternative d’évolution ou presque. C’est aujourd’hui bien plus un choix qu’une nécessité. Mais c’est avant tout une autre manière de vaper, pas forcément plus savoureuse, mais qui procure un autre plaisir que celui d’utiliser un bout de plastique bardé d’électronique. Je ne me suis pas attardé sur l’aspect robuste et fiable, mais il faut bien souligner qu’un méca tombe rarement en panne. En outre, les performances des dernières productions, y compris les moins onéreuses, sont remarquables et, soutenues par de nouveaux formats d’accus, autorisent à peu près tout type de vape. Donc, n’hésitez pas, n’hésitez plus, passez du côté obscur de la vape.

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3 comments

  1. « Je ne me suis pas attardé sur l’aspect robuste et fiable, mais il faut bien souligner qu’un méca tombe rarement en panne. »
    Et ça c’est précieux ! J’ai un vieux reosmod métal et, ok il ressemble à une lada, mais il peut passer sous un char.

    Viva les mécas

  2. Moi personnellement, je ne me suis pas encore mis au meca parce que je ne gère pas encore assez bien mes montages, et parce que j’hesite par rapport au fait que je n’y connais rien en loi d’ohm, ampère et tout ça. Fin maintenant j’hesite beaucoup moins grâce à tes explications très détaillées, donc merci à toi 🙂

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