La dépêche AFP originale du communiqué anachronique de la DGCCRF et la réponse officielle de la FIVAPE

Le tabac tue 78 000 personnes par an en France
Le tabac tue 78 000 personnes par an en France

Suite au tollé provoqué par un reportage de TF1, hier, la Tribune Du Vapoteur a obtenu les conclusions complètes de l’enquête de la DGCCRF, conclusions que vous pouvez retrouver ici.

Cette enquête porte sur la période de (début) 2014, période à laquelle de nombreuses boutiques importaient des matériels et des consommables et étaient il faut le reconnaître dans un certain flou artistique sur les normes en vigueur concernant certains produits qu’elles commercialisaient… comme le serait n’importe quel commerçant sur un marché nouveau amené à importer des produits plus ou moins techniques. Depuis cette période le marché comme la profession ont très nettement évolué, tant techniquement que sur l’étiquetage ou encore la traçabilité des produits. Le vrai point noir restant à ce jour les accus, mais étrangement, la DGCCRF n’en fait nulle mention.

Les conclusions de ce rapport montrent certes des irrégularités sur les étiquetages des liquides. Pour les vaporisateurs, des notices d’utilisation en langue étrangère là où la règle leur impose d’être en français, sont pointés du doigt, des chargeurs de batteries (Ego Like) périmés et mal isolés sont aussi évoqués… ceci représente le gros des irrégularités pour cette période de 2014.

En 2015, les vaporisateurs sont plus sûrs qu’en 2014, tout comme les voitures de 2015 sont plus sûres que celle de 1959.

C’est donc fin 2015, à la veille des dernières discussions parlementaires sur le sort de la vape en France, que la DGCCRF choisit de publier ces conclusions et que TF1 s’en empare pour en conclure que la « cigarette électronique » est dangereuse, très dangereuses, entendez plus que le tabac. Un traitement journalistique calamiteux qui ne correspond pas franchement à ce qui ressort de ces conclusions, ni même du communiqué qui se veut très factuel… et surtout complètement dépassé.

La presse s’est bien livrée à une interprétation sensationnaliste des faits

Aujourd’hui, nous avons souhaité aller un peu plus loin pour comprendre les responsabilités des uns et des autres dans ce Pearl Harbor médiatique essuyé par la vape et nous avons réussi à obtenir la dépêche originale de l’AFP.

Une nouvelle information en ressort. Il s’agit bien d’un communiqué envoyé par la DGCCRF et non Bercy. Bercy étant toujours le ministère de tutelle de la DGCCRF, le « hasard » de calendrier ne trouve donc pour le moment pas d’explication. Marie Taillard, responsable de la communication de la DGCCRF et signataire du communiqué serait la seule à pouvoir nous éclairer sur ce timing qui soulève bien des questions.

Mais en mettant en perspective le communiqué exact de l’AFP avec ce qu’il en transparaît dans la presse, on ne peut que se montrer surpris du décalage qu’il existe entre son contenu initial, très factuel, et le traitement (ou plutôt l’absence totale de traitement) qui en a été fait dans un premier temps par TF1, puis par d’autres médias qui se sont bien gardés de remettre en perspective ce communiqué avec le reportage anxiogène véhiculé par TF1. Ce traitement indigne a notamment été vivement dénoncé par le professeur Dautzenberg et le chercheur Jacques Le Houezec, deux des plus éminents spécialistes sur les questions de santé liées à la pratique du vapotage.

Voici la dépêche originale

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a constaté de « nombreuses anomalies » concernant la sécurité des cigarettes électroniques, selon les résultats d’une enquête publiés mardi.
Réalisée en 2014, cette enquête conclut à une non-conformité de 90% des liquides prélévés et de près de la totalité des chargeurs, selon un communiqué de la DGCCRF.
Concernant les recharges de liquide, cette instance a pointé du doigt de « nombreuses anomalies d’étiquetage » ainsi que des « produits non conformes et/ou dangereux ».
Sur 110 analyses chimiques effectuées sur les liquides, la DGCCRF a relevé 90% de produits non conformes, « l’étiquetage n’étant pas adapté à la composition du produit analysé », comme par exemple sur la présence ou le taux de nicotine, souligne l’autorité.
Par ailleurs, 6% de ces produits ont été jugés « dangereux » pour des motifs d’absence d’étiquetage de danger ou d’absence de dispositif de fermeture de sécurité enfants.
Concernant les chargeurs, sur les 14 modèles analysés, « 13 ont été déclarés non conformes dont 9 dangereux en raison des risques de choc électrique liés à un défaut d’isolation », ajoute la DGCCRF.
Cet organisme a procédé à « plus de 1.300 saisies de produits » non-conformes et dangereux et à « plus de 56.000 retraits et/ou rappels de la commercialisation ». Des procédures contentieuses ont été établies parallèlement.
La DGCCRF indique être « en contact permanent avec les professionnels du secteur (fabricants, importateurs, distributeurs, buralistes, etc.) afin que la réglementation soit davantage respectée ».
Elle annonce qu’elle va « continuer ses enquêtes visant à contrôler ce secteur d’activité ».

Entre 1 et 3 millions de personnes utilisent la e-cigarette comme une alternative au tabac et à la cigarette classique, selon elle.

Le marché de la cigarette électronique français pesait pour 395 millions d’euros en 2014, dont les deux tiers correspondent aux ventes de recharges liquides, selon une étude du groupe d’études de marché Xerfi, publiée en juillet.

Confiant sur le long terme, Xerfi prévoit aussi une croissance moyenne du marché de 8% par an pour atteindre 450 millions d’euros en 2018.

Voici maintenant la dépêche validée et corrigée par l’AFP

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a constaté de « nombreuses anomalies » concernant la sécurité des cigarettes électroniques, selon les résultats d’une enquête publiés mardi.
Réalisée en 2014, cette campagne de vérifications conclut à une non-conformité de 90% des liquides prélévés et de près de la totalité des chargeurs, selon un communiqué de la DGCCRF.
Concernant les recharges de liquide, cette instance a pointé du doigt de « nombreuses anomalies d’étiquetage » ainsi que des « produits non conformes et/ou dangereux ».
Sur 110 analyses chimiques effectuées sur les liquides, la DGCCRF a relevé 90% de produits non conformes, « l’étiquetage n’étant pas adapté à la composition du produit analysé », comme par exemple sur la présence ou le taux de nicotine.
Par ailleurs, 6% de ces produits ont été jugés « dangereux » pour des motifs d’absence d’étiquetage de danger ou d’absence de dispositif de fermeture de sécurité pour enfants.
Concernant les chargeurs, sur les 14 modèles analysés, « 13 ont été déclarés non conformes dont 9 dangereux en raison des risques de choc électrique liés à un défaut d’isolation », ajoute la DGCCRF.
Cet organisme précise avoir procédé à « plus de 1.300 saisies de produits » non-conformes et dangereux et à « plus de 56.000 retraits et/ou rappels de la commercialisation ». Des procédures contentieuses ont été établies parallèlement.
 
La DGCCRF indique être « en contact permanent avec les professionnels du secteur (fabricants, importateurs, distributeurs, buralistes, etc.) afin que la réglementation soit davantage respectée ».

Elle annonce qu’elle va « continuer ses enquêtes visant à contrôler ce secteur d’activité ».

Selon le baromètre de l’Inpes paru en février, près de 3 millions de Français vapotent régulièrement, dont la moitié chaque jour, faisant de la France le premier marché européen en nombre de vapoteurs, devant le Royaume-Uni.

Le marché de la cigarette électronique français pesait pour 395 millions d’euros en 2014, dont les deux tiers correspondent aux ventes de recharges liquides, selon une étude du groupe d’études de marché Xerfi, publiée en juillet.

Confiant sur le long terme pour les perspectives du secteur, Xerfi prévoit aussi une croissance moyenne du marché de 8% par an pour atteindre 450 millions d’euros en 2018.

Nous avons mis à votre disposition un diff de ces deux dépêches afin que vous puissiez vous rendre compte des transformations. En rouge, la dépêche initiale, en vert la dépêche corrigée et validée :

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La réponse officielle de la FIVAPE

Une nouvelle dépêche de l’AFP, cette fois ci émanant de la FIVAPE vient répondre au communiqué à charge et anachronique de la DGCCRF

La fédération des professionnels de la cigarette électronique (Fivape) a dénoncé  mercredi un « amalgame coupable » dans l’enquête de la DGCCRF, qui a conclu mardi à de « nombreuses anomalies » dans la sécurité des cigarettes électroniques, rappelant que la réglementation est encore « inexistante » ou « inadaptée » en France.

Les résultats d’une campagne de vérification menée en 2014 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont établi une non-conformité de 90% des liquides prélevés et de près de la totalité des chargeurs. Concernant les recharges de liquide, la DGCCRF met également en avant de « nombreuses anomalies d’étiquetage » ainsi que des « produits non conformes et/ou dangereux ».

Mais pour la Fédération interprofessionnelle de la vape, qui réunit 500 professionnels du secteur, la DGCCRF « ne précise jamais que les contrôles et analyses s’effectuaient au regard d’une réglementation inexistante ou inadaptée, et dont l’application était contradictoire d’une direction départementale à une autre ».
La Fivape indique par ailleurs que l’étude a été réalisée il y a « plus d’un an » et se fonde par conséquent sur un « constat dépassé » qui « néglige de considérer les progrès réalisés ».

L’organisation rappelle également que les professionnels de la ecigarette ont contribué à l’élaboration de deux normes Afnor pour les matériels et les e-liquides, rendues publiques en avril.

Une étude publiée le 19 août par une agence dépendant du ministère britannique de la Santé conclut que la ecigarette est environ « 95% moins nocive que de fumer une cigarette ».

Selon le baromètre de l’Inpes paru en février, près de 3 millions de Français vapotent régulièrement, dont la moitié chaque jour, faisant de la France le premier marché européen en nombre de vapoteurs, devant le Royaume-Uni.

On ne peut que se féliciter de voir la FIVAPE monter au créneau pour tenter de rétablir une position qui colle bien plus à la réalité actuelle du marché. Malheureusement, l’histoire et la presse retiendront des chiffres de la DGCCRF périmés qui ne sont pas le reflet d’un instantané actuel de la profession, qui ne sont pas plus non plus un reflet technique des matériels les plus vendus par les boutiques spécialisées (l’histoire des chargeurs avec l’arrivée des box est totalement dépassée), mais pire, elle retiendra un chiffon rouge agité par TF1 qui ferait passer le tabac qui tue en France 78 000 personnes par an, pour moins dangereux que le vaporisateur personnel qui a permis à 400 000 français de sortir du tabac. Faire du « sécuritaire » c’est bien mais la démagogie ne devrait pas avoir sa place quand on évoque la première cause de mortalité évitable en France et dans le monde.

Pendant ce temps, la DGCCRF et la presse se montrent bien silencieux sur les dispositifs pseudos électroniques commercialisés par les cigarettiers, à l’image de l’iQos de Philip Morris qui vaporise du tabac et semble produire de l’ammoniac en quantités anormales. (Lire aussi sur le Courrier). Pourtant l’iQos se veut un produit concurrent du vaporisateur personnel, il est probablement parfaitement « aux normes », il anticipe même la directive européenne sur les produits du tabac, bien qu’il se montre bien plus dangereux que les vaporisateurs personnels stigmatisés par la presse depuis avant hier.

Deux poids, deux mesures ?

 

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