E-Cigarette : Un document de l’Académie de Médecine jette un pavé dans la mare… et sur Marisol

Bertrand Dautzenberg
Bertrand Dautzenberg

Un nouveau document publié par l’Académie de médecine jette un nouveau pavé dans la mare, enfonçant une fois de plus le clou sur toutes les contre-vérités et l’absurde entêtement des autorités à limiter l’usage de la e-cigarette au profit du tabac. Ce dernier s’intitule La cigarette électronique permet-elle de sortir la société du tabac ? et il est téléchargeable ici au format PDF. Ce document a été réalisé sur audition du professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue reconnu que l’on connait déjà pour ses prises de positions dénonçant l’urgence ne pas appliquer une règlementation trop restrictive sur l’usage de la e-cigarette qui viendrait casser cette opportunité offerte pour sensiblement réduire le nombre des morts liées au tabac (78 000 en France).

D’entrée, ce rapport martèle :

De plus, l’aérosol, communément appelé « vapeur », émis  par l’e-cigarette à la température d’environ 60 degrés ne contient pas les substances toxiques liées à la combustion comme le monoxyde de carbone ou les goudrons.

… et il insiste également sur le fait que l’e-cigarette est une alternative à la cigarette qui permettrait de réduire la morbidité tabagique et la mortalité :

Finalement la toxicité de l’e-cigarette est  bien moindre que celle du tabac fumé, car elle est amputée de celle des substances  cancérigènes, de celle de l’oxyde de carbone et de la présence des aldéhydes volatils qui  accroissent les effets recherchés de la nicotine. C’est donc un outil utile à la réduction de  la mortalité, mais aussi de la morbidité tabagique. 

(…) Même s’il est difficile de quantifier précisément la toxicité à long terme de la
cigarette électronique, celle-ci est à l’évidence infiniment moindre que celle de la
cigarette traditionnelle.

Le rapport se prononce en faveur d’un statut de médicament (avec une autorisation de mise sur le marché simplifiée) pour les e-liquides avec une concentration supérieure à 20mg de nicotine.

Et le rapport conclue sur 4 recommandations très mesurées, maintenant un avis positif sur l’interdiction de vente au mineur, d’utilisation dans les lieux publics et de publicité, et ouvrant la porte à l’émergence de produits « médicaments », accessibles via le réseau pharmaceutique (comme mentionné ci-dessus pour les e-liquides à forte concentration de nicotine) :

L’Académie Nationale de Médecine recommande :

1. de réglementer la fabrication et la distribution de l’e-cigarette (et produits
apparentés) afin d’en assurer la sureté et la fiabilité (norme AFNOR) ;
2. de ne pas dissuader les fumeurs qui l’utilisent et de favoriser l’émergence
d’une e-cigarette « médicament » pour des produits revendiquant un effet
bénéfique pour la santé et mis à la disposition des fumeurs qui désirent évoluer
vers l’abstinence par le circuit pharmaceutique ;
3. de maintenir et d’assurer l’application de l’interdiction de vente aux mineurs,
de son usage en public partout où il est interdit de fumer du tabac ;
4. d’en interdire toute publicité et promotion, sauf dans son utilisation comme
méthode d’arrêt si celle-ci est reconnue.

A la veille de la transposition de la directive européenne sur les produits du tabac, l’Académie de Médecine livre ici un rapport que seule une ministre ne voulant pas entendre raison ignorera.

Merci Julie

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7 comments

  1. L’instauration d’une césure à 20mg/ml n’est pas anodine : confier à l’industrie pharmaceutique les e-liquides à plus de 20mg/ml au motif qu’ils seraient de nature à favoriser le sevrage tabagique, ce serait considérer qu’il n’est pas possible de quitter la cigarette avec des e-liquides dosés à moins de 20mg/ml.

    Or, il est démontré qu’il est au contraire possible de cesser de fumer en passant à la cigarette électronique telle qu’elle est commercialisée actuellement (lire par exemple : CIgarette électronique : 4 conseils pour bien démarrer), c’est à dire en vapotant des e-liquides à moins de 20mg/ml.

    Par ailleurs, durcir les règles d’introduction sur le marché reviendrait à transférer à terme la totalité de cette industrie aux acteurs qui en ont les moyens financiers, en l’occurrence les cigarettiers et les pharmaceutiques. Ce qui reviendrait à se jeter dans la gueule du loup, qui plus est un loup dont la moralité est plus que questionnable au regard de son historique.

    1. Je pense que c’est quand même une sacrée avancée par rapport à la position, exprimée jusqu’à présent de la corporation des médecins.
      Il faudra faire des compromis, et si c’est celui-là : moins de 10mg = Produit de consommation courante, donc sans changement par rapport à la situation actuelle, Plus de 20mg = exclusivité aux pharmacies avec prescription médicale, remboursement partiel éventuel, ça serait un moindre mal par rapport à tout ce qu’on peut craindre. Je pense aussi que les éventuels fumeurs qui passeraient par la e-cig « pharmaceutique » ne le feraient que temporairement, pour bénéficier du forfait, puis viendraient vers les réseaux classiques pour plus de choix en matériel, parfums. Moins austère aussi que ne le serait la e-cig dans les pharmacies. Cette cigarette ne serait de plus pas commercialisée avant 2 ans minimum, le temps de l’obtention de l’AMM.
      Maintenant reste la phrase sur les « adjuvant influant la saveur,(…) moyen supplémentaire d’attrait et de dépendance, notamment chez les enfants et les adolescents ». Encore et toujours le refrain de la « porte d’entrée », même s’ils évoquent, par ailleurs, les résultats de l’étude « Paris sans Tabac 2014 » infirmant cette hypothèse.
      Et reste aussi l’interdiction dans les lieux publics et de la publicité.

    2. La césure à 20 mg telle qu’elle est proposée est assez maligne au contraire.

      « favoriser l’émergence d’une e-cigarette « médicament » pour des produits revendiquant un effet bénéfique pour la santé et mis à la disposition des fumeurs qui désirent évoluer vers l’abstinence par le circuit pharmaceutique »

      Ca signifie classer comme médicament tous les produits un peu fantaisistes qui promettent autre chose que le sevrage tabagique en supplément de la vapeur (et y en a, à bases d’huiles essentielles ou de bave de crapauds bénis par des shamans qui sont censés guérir la constipation, faire revenir ta femme et tout le toutim)

  2. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un organisme extérieur au monde de la vape affirme que la baisse des ventes de cigarette est en lien direct avec l’essort de la cigarette électronique et non pas exclusivement imputable à l’augmentation des taxes. En termes de politique de santé publique, c’est argument de poids.

  3. Notre cher Dautzy s’est finalement fait rattraper par Big Pharma (selon ses nouvelles affirmations actuelles), car à l’origine, il était contre le fait de classer le VP dans les médocs. Décidément, ce cher docteur ne sait plus où il/on a mal! D’autant qu’il n’est pas sans ignorer que la quasi-totalité des vapers ont arrêté de fumer avec des produits dosés à bien moins que 20mg/ml de nicotine, tout simplement parce qu’il était très difficile de trouver plus haut en grammage. Et s’il l’ignore, faut qu’il change de métier! Sans compter les « foggers fous » qui vapent en VG pure à 0mg/ml et sachant que l’immense majorité des liquides vendus jusqu’ici étaient dosés au max à 18mg/ml, tous les vapers « recençables » ayant arrêté de fumer ont donc réussi avec moins de 20mg/ml. Cet appel à peine voilé vers Big Pharma est loin d’être anodin, surtout envoyé par Dautzy lui-même. Et Marifolle serait bien … folle de volontairement l’ignorer, elle aurait des arguments béton pour calmer ses fabricants de Niquitin qui font décidément la gueule avec la baisse de 14% de leurs ventes de patchs efficaces pour 5% des futurs cancéreux-clopeurs, ce qui sous-entend intrinsèquement que 95% des fumeurs-Niquitin ont foiré leur conversion! Le petit peuple Vapoteur, sans passer par les puissants-corrompus de la Santé et sans coûter un rond à la Sécu est parvenu sans effort à 14% de « guéris » du tabac.
    Et alors ça, elle aime pô, la MST. Elle aime pô du tout!

    1. Il y a encore des vapers de la 1ère heure qui vapent toujours des liquides au dessus de 20 mg/ml de nicotine.
      Il suffit d’être sur les fora pour les voir, ils ne le disent pas ouvertement parce que les fora FR suivent une énormité datant de plusieurs années sur les 20 mg/ml max.
      Mais des pseudos utilisant des dosages au delà, j’en connais quelques uns.

      Des scientifiques estime d’ailleurs que cette recommandation laisse enfermé dans le tabagisme environ 30% des fumeurs qui essaieraient la vape.
      Combien de vapers utilisent des liquides entre 18 et 19 mg/ml et fument toujours? Bien plus qu’on ne peut le voir sur le net.
      Combien ont essayés et ont arrêté parce que ça n’était pas suffisant pour eux?

      Cette limitation à 20 mg/ml = médoc est juste pour récupérer une partie des pertes des substituts nicotinique de l’industrie pharma et rien d’autre. totu comme la TPD est juste là pour donner la vape à l’industrie du tabac afin que les fumeurs restent fumeurs et se tournent vers la version pharma de la vape.
      Les 2 loups se sont bien entendu sur ce coup, l’un récupérant le bébé et le tuant en le limitant et l’autre récupérant un nouveau substitut nicotinique qui pourrait fonctionner et plaire aux fumeurs.

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